Chaque saison (ou à peu près), je partage une niouzletter par e-mail dans laquelle je vous raconte mes aventures palpitantes et mon agenda débordant.
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Bonne lecture !
# Octobre 25 – 🍂🍄🟫 Tenter de prolonger l’été 📬
Salam,
La paix
Plus qu’un salut, c’est un appel
Quand chaque matin subit sa peine
C’est dur d’écrire mais mes mots n’en démordent pas.
Ils débordent des pages pour tenter de construire des ponts.
Inlassablement.
Face à la peur et aux remparts, j’offre mes murmures là où le vent me porte.
Et le vent a soufflé fort ces dernières semaines. J’ai sillonné la France de long en large, à toute vitesse ou en ralenti, en TGV ou au rythme de mes mollets. De ces aventures, j’ai tissé cette missive qui sera divisée en trois modalités : l’express, pour un poécity-trip express, à lire en deux minutes; la classique pour prendre le temps du voyage et se plonger dans le mien et en clôture la super tranquillouz’ à lire en une ou plusieurs fois, rien de sert de se presser.
Quoi qu’il en soit, bonne et douce lecture, qu’elle soit source de respiration et d’inspiration pour vous.

Troubadour moderne, je passe plus de temps dans les transports que chez moi et sur ma carte de France, quelques nouveautés ces derniers mois : la Haute-Loire, dont j’avais eu un aperçu savoureux l’an dernier et où je suis revenu avec un immense plaisir et la promesse d’y repasser bien vite et la Nouvelle Aquitaine où j’ai eu la chance d’être programmé dans un micro festival.
Plus en arrière encore, j’ai rencontré des jeunes allemands d’Erfurt et des macédoniennes d’Ohrid (ça vous titille d’aller voir où ça se trouve avouez?) lors d’un séjour multiculturel organisé dans La Hague au début d’été.
Et oui, c’est peu dire que ces derniers mois furent intenses : une semaine d’atelier, une semaine de résidence de créations et pas moins de 16 soirs de représentations pour ce qui est de la partie visible de ce gros iceberg poétique.
Sans mentir, je suis pas mal rincé là et je vais m’offrir quelques semaines plus introspectives en ce début d’automne.
Mais avant les “vacances”, deux dernières dates : ce samedi 4 octobre à Boissy-Maugis (dans l’Orne) pour un atelier d’écriture et mon spectacle à L’Escarbille. Et le samedi 11 octobre au Tapis Vert (dans l’Orne toujours) pour le cabaret de clôture de la semaine de rencontres ARMODO.

Mais avant ça : la suite de cette lettre bien entendu avec quelques détails et anecdotes croustillantes sur ces dernières semaines dans…
Reprenons au début si vous voulez bien. Avec juillet qui a donc démarré dans la Manche avec deux spectacles où j’ai pris énormément de plaisir. J’ai d’abord joué durant le “PizzaTour”, un tour à vélo autour de Saint Lô où le peloton allait chercher les ingrédients nécessaires à une bonne pizza à coups de pédale chez les producteurs locaux. Dégustation en poésie et en musique à la fin de quatre journées de vélo. J’ai ensuite joué à La Ferme aux cinq saisons, un merveilleux lieu tout proche de là où j’ai vécu quelques années. C’était trop chouette, un atelier d’écriture avec plein d’enfants et un spectacle à la tombée du jour.
Dans la foulée, j’ai démarré une semaine d’animations avec des jeunes franco-germano-macédoniens. Oui oui, vous avez bien lu. Et pas simple d’arriver à écrire de la poésie et à partager ses idées dans un mélange culturel aussi dense. C’est toutefois le challenge qui a été relevé en juillet.
Changement de pays et direction la Belgique ensuite pour la seconde édition de En roue libre, une vadrouille à vélo à 12 slameur.ses à travers les paysages (un poil) monotone du plat pays. Sept jours avec une formidable bande et malgré une audience plutôt modeste, de beaux partages et de belles rencontres.
Un rapide saut de puce dans le Bugey pour un festival de slam et avec Mirali on a vécu une résidence et une tournée chargée en émotions en Haute-Loire. J’y reviens plus loin mais j’y ai gagné une expérience considérable et beaucoup d’apprentissages me restent en mémoire.
Je n’insiste pas sur mes vacances mais j’ai kiffé la montagne, le festival d’Aurillac et le repos en famille en mode piscine-pétanque (pour les puristes, je ne peux pas résister à l’envie de vous partager cette partie absolument merveilleuse, allez regarder ça et dîtes moi si vous vous êtes régalés comme moi).

En chemin pour terminer l’été dans la Manche, je me suis arrêté au festival Ecossas, qui, pour sa première édition, m’a offert un doux week-end plein d’amour, de petites attentions et de grands artistes.
Et donc, la Manche pour conclure. À Saint-Sauveur-le-Vicomte pour être précis. Probablement mon plus petit public de ma carrière (j’ose pas vous dire le nombre de spectateurs présents ce soir là) mais pas le moins sympathique.
Je crois que je me suis un peu surmené cet été. J’ai toujours eu à cœur de faire les choses à fond mais peut-être qu’il est parfois bon d’arriver à se fixer des limites. Et justement, j’en suis à la limite de cette seconde partie mais si vous avez encore un peu de jus, let’s go pour…
J’ai débuté la rédaction de cette lettre au lendemain des mobilisations citoyennes qui ont agité la France en ce 10 septembre. Et devant mon ordinateur, la tête pleine d’images de manifs, de joie d’être ensemble et de colère face aux blocages, j’angoissais en lisant les témoignages qui montrent une fracture toujours plus profonde de notre société. Des discours caricaturaux et des coupables qu’on cherche à droite ou à gauche, souvent le plus éloigné de nous si possible.
Moi, j’essaye d’écrire pour partager cette ambiguïté, garder en tête que ce monde est infiniment complexe, tragique et merveilleux. Cette réalité m’anime et j’oeuvre pour offrir la possibilité de sortir de nos croyances, de partir à l’apprentissage, à la découverte. Des autres et de soi. Cette quête est un long chemin sur lequel j’avance lentement, d’expérience en expérience et en voici une que j’ai envie de vous raconter rapidement.

Depuis plusieurs étés, avec Mirali, on se retrouve pour aller faire des randonnées artistiques, présenter nos univers respectifs en refuges de montagne. Et on a voulu sortir de notre zone de confort, construire ensemble un nouveau spectacle, qui serait “notre” spectacle commun. On avait commencé il y a plusieurs mois déjà et moi, depuis le début, je galérais. C’est que je suis pas “artiste” depuis bien longtemps, je me sens encore gauche sur scène, j’ai peur de l’imprévu et j’ai souvent la pression face au regard des gens. J’y travaille mais quand il s’agit de reprendre tout à zéro, j’angoisse. Ajoutez à ça une énergie basse cet été et des tracas dans la tête, et bien vous obtenez un cocktail un peu explosif. Fin juillet et pendant dix jours, on a donc avancé à tâtons, construisant ce spectacle et cette relation humaine parfois fragile. C’était pas simple, fait de compromis et de discussions mais je suis fier d’avoir réussi à traverser cette aventure dans l’écoute et le partage.
À la sortie de la résidence, on a enjambé nos vélos et on est partis présenter le spectacle sur la route. C’était stressant, intimidant mais joyeusement gratifiant d’avoir ces retours positifs et de vivre cette émotion partagée avec le public.
J’ai toutefois pris la décision de mettre en pause ce spectacle qui me rend trop fébrile et me laisse trop peu de places pour le reste des mes créations. Mais on aimerait que le spectacle continue de vivre! On cherche donc une personne qui pourrait reprendre mon rôle, n’hésitez pas si vous avez ça sous le coude.
Et si je vous raconte tout ça, c’est que j’ai la sensation que, bien souvent, les récits partagés dessinent majoritairement les mêmes scénarios de réussite : on valorise ceux qui, à force de travail et d’acharnement, obtiennent ce qu’ils souhaitent : la gloire, l’argent, l’amour, la puissance. Et évidemment de l’autre côté : les loosers.
J’ai la conviction que ces récits sont lacunaires, qu’ils oublient l’essentiel : les doutes, les chemins de traverse, les détours et parfois même les retours en arrière.
Moi j’aime lire ces étapes, ces passages un peu complexes, ces réflexions et ces tentatives cabossées de faire société.
Et vous, vous en pensez quoi? Si vous êtes arrivés jusque ici, faîtes moi signe, partagez moi vos réflexions, c’est comment la vie pour vous? Le collectif vous épanouit ou vous bloque?
Bref, tant de questions mais avant de conclure, je vous laisse avec mon trio de recommandations :

Les femmes sont occupées / Être mère / La femme brouillon :
Ces trois bouquins sont regroupés car ils abordent cette même thématique qui m’interroge et me bouleverse ces derniers temps : la parentalité. Ici plus qu’ailleurs, c’est la maternité qui est interrogée et, dans son absence, la paternité. Quels rôles portent les mères dans cette société qui considère comme évident que la majeure partie de la responsabilité doit peser sur leurs épaules? Je me rends compte chaque jour avec plus d’acuité des sacrifices fait par les mères et de tout ce travail si peu valorisé.
Ces trois livres offrent des visions intimes, personnelles et résolument poétiques pour questionner la situation et je ne peux que recommander sans hésitation leur lecture.
Loris :
Plus léger probablement, mais pas pour autant dénué de subtilité, je voulais vous parler des vidéos de Loris. Loris, il fait des micros-trottoirs, il propose un sujet “bateau” et va interroger les gens dans la rue. Classique me direz-vous mais ce que j’aime chez Loris, c’est cette faculté (du moins apparente) à ne pas juger. Il va à l’écoute de chacun et essaye de creuser les réflexions jusqu’à, parfois, tomber dans l’absurde surréaliste. Moi j’y vois une tentative d’expression, le reflet finalement de notre société multiple dont je parlais plus tôt.
Récemment, il a aussi fait des émissions avec des célébrités, j’ai pas trop regardé, juste celle avec Maître Gims et j’ai beaucoup ri, été ému aussi. A découvrir donc.
Le Festival International de Théâtre de Rue d’ Aurillac :
Je commence à être un habitué de ce festival phénoménal où près de 3.000 spectacles se jouent sur quatre jours. Et cette année a été le théâtre d’une manifestation qui a mal tourné et dont les médias ont fait leur chou gras des jours durant. Je n’étais pas à la manif, je ne sais pas ce qu’il en retourne mais ce que je sais et ce sur quoi j’aimerais insister, c’est le caractère marginal de cette violence. Chaque jour, des dizaines de milliers de personnes se sont croisées dans la joie, dans le plaisir des rencontres et dans l’ouverture.
Aurillac, c’est un espace merveilleux de création et de liberté et si vous n’avez pas encore vécu cette immense fête, prenez note dans votre agenda.
Ah, et parmi tous les spectacles déments que j’ai vu, y en a bien un qui est sorti du lot : l’exceptionnel La Motivation dont vous pouvez retrouver le calendrier ici.
Merci de votre lecture, à très vite dans la vie réelle, n’hésitez pas à me donner des nouvelles, ça me touche toujours beaucoup.
Des bisous 🙂
# Juillet 25 – ☀️🙈 Été-niez les télés ! 📬
Bonjour,
Au moment de cliquer sur “envoyer”, j’aurai sans aucun doute une poussée de stress inhabituelle. C’est en effet la première fois que j’écris depuis mon périple à bicyclette qui a entraîné dans son sillage une foule de curieux et de curieuses que je me dois ici de ne pas décevoir. C’est que j’avais promis des nouvelles régulières et exceptionnelles moi.
Que vous dire alors, quand les bombes pleuvent sur les peuples oppressés et que la violence semble être devenue la seule réponse aux angoisses de l’époque?
Je me dois de dire, de CRIER et de marteler sans cesse que la liberté se travaille, que les espaces pour l’exprimer existent et qu’il est indispensable de les investir et d’en diffuser les valeurs. Avec ardeur, foi et conviction. J’en apporte le témoignage une nouvelle fois. Témoignage qui n’occulte en rien les drames mais qui s’oppose aux croyances rigides, aux esprits étriqués et à l’ignorance crasse.
Et ce témoignage prend comme à chaque fois trois formes : l’express, pour ceux qui hésitent déjà à aller plus loin; la classique pour celles qui aiment les mots et les anecdotes et en clôture la super tranquillouz’ où vous pourrez savourer les milles détails qui pimentent cette aventure artistique et, avant tout, humaine.
Je vous souhaite une belle lecture, n’hésitez pas à me répondre, à me parler de vous en retour, je savoure la confiance et le soutien que vous m’offrez, merci !

Attention, décompte express : 1182 kilomètres – 543 spectateurs et spectactrices (sans compter les poilus à quatre pattes, les ailés et tous les insectes) – 30 jours de tournée – 20 spectacles – 17 minutes de pluie sur le trajet – 6 cercles de discussion – 4 trains – 2h30 de retard – 1 taxi (avec 9 places !) – 0 regret !!!
Petit jeu, pour moi qui aime tant les mots, que de résumer en quelques chiffres cette tournée qui m’aura procuré tellement de joies et de découvertes. J’en parlerai longuement plus loin mais je profite de cet espace pour vous dire que je serai à nouveau en vélo, entre Lille et Bruxelles avec l’épique équipe En roue libre, des slameurs nomades de France et de Navarre, du 18 au 25 juillet. Puis sur les bords de l’Allier, au sud de Brioude, avec Mirali du 5 au 10 août. Mais j’ai encore plein d’autres dates un peu partout, le mieux, c’est de me suivre ici ou là.

Certes, la perfection n’existe pas mais tout de même… cette tournée qui vient de s’achever était pas loin d’être parfaite! Quelle fierté d’être arrivé au bout de ce projet ambitieux. Et surtout quel immense bonheur d’avoir pu vivre ça à fond!
Tout au long de ces 20 dates, réparties sur 20 lieux uniques, j’ai toujours pu compter sur la même envie d’offrir un espace de liens, de tisser un réseau de solidarité. Face à ce monde où l’injustice, la violence et la peur se côtoient trop souvent, je continue modestement d’explorer une autre voie.
Je sais bien que je me répète mais j’y crois.
Et je ne vois pas d’autre choix que de continuer à faire briller nos différences, à s’écouter, s’entendre, à donner sans prendre. Sans fermer les yeux non plus sur les drames et les violences, sur la haine et l’intolérance.
J’ai vécu ce mois au rythme des coups de pédale et des rencontres. J’ai traversé la France de haut en bas et vu le climat et le paysage se modifier sous mes roues tout en entendant les accents et la population changer. Et si je garde une certitude vissée au corps, c’est que le mélange est notre plus grande richesse. Je rêve que ce mélange puisse s’exprimer sereinement, sans conquête de l’un ni rejet de l’autre.
Cette conf’errance, c’était ça aussi : montrer une autre voie. Celle de la décroissance et de la sobriété. Celle du choix et des possibles.
Dans les semaines à venir, je continue ces rencontres, ces tournées légères et ces mots qui rassemblent. En premier lieu, je me dirige vers des retrouvailles avec le Cotentin pour deux dates très chouettes (le dimanche 6 en clôture du Pizza Tour, itinérance vélo autour de Saint Lô et le mardi 8 à La Ferme des 5 saisons, à Flamanville). Et de là, je vais participer à un échange international proposé par la Maison Pour Tous. Avec des allemands, des macédoniens et des français, on part en colo créative, avec pour ambition de monter un spectacle commun mais surtout de se rencontrer et de vivre ensemble.
Dans la foulée, je file retrouver les potes du slam pour la seconde édition d’En roue libre, une itinérance poétique allant cet été de Lille à Bruxelles. Sur les vélos, douze poètes pédalant à l’unisson et chaque jour un espace de partage et d’expression. Voici ici notre itinéraire et je vous invite à suivre nos aventures ici.

Et toujours dans la foulée (elle sera longue, cette foulée estivale), je me dirige vers le Bugey pour un tournoi de slam où je retrouve Mirali, avec qui je file (dans dans dans? dans la foulée!) en Haute-Loire pour une semaine de résidence autour de notre projet de conte musical. Et aussitôt après (allez hop, un tour sur synonymes.com pour me sauver) on part en tournée, vélo toujours, le long de l’Allier. Cinq jours pour roder ce nouveau projet dont je vous laisse ici le trajet précis ainsi que la sublime illustration de l’amie Maya.

Comme je vous disais, cette tournée de mai était époustouflante et je vous propose trois anecdotes, comme autant d’instantanées d’une épopée qui ne manquait pas de sel :
À mi-parcours, mon vélo a dû passer par la case réparation. Et il a fallu se résoudre à rester sur place le temps d’attendre une pièce. J’ai donc accumulé un retard certain qui ne pouvait se rattraper qu’en prenant le train. Les trains plus exactement. Et c’est ainsi, qu’à la suite d’un arrêt prolongé sur les rails, que je me retrouve à la gare de Tours avec tout mon attirail sous le bras. Un peu penaud, je me décide à aller au guichet demander des infos, laissant sur le quai valises, remorque et vélo.
En revenant sur mes pas quelques minutes plus tard, quelle ne fut pas ma surprise de constater que deux vigiles m’attendaient, les sourcils froncés et le sourire planqué au fond de la poche. Les gars n’ont pas hésité pour me gronder d’avoir laissé mes affaires sans surveillance, affirmant qu’il y aurait bien pu avoir une bombe ou que sais-je encore planqué là-dedans et de conclure leur leçon de civisme par un radical “si tout le monde faisait comme vous, on ne s’en sortirait pas”. Un peu dépité par ce triste témoignage de la parano ambiante et du manque d’empathie que je ressens souvent, je me suis consolé en finissant le trajet en taxi au frais de la SCNF avant d’être impeccablement hébergé par des amis d’une amie à Limoges passé minuit.
Durant toute la tournée, je trimballais dans ma remorque un décor modulable et particulièrement léger et sensible au vent. Toutefois, pour des raisons indépendantes de ma volonté (manque de place, cohabitation avec d’autres artistes, envie impérieuse du lieu), j’en suis venu à devoir m’installer à l’extérieur. Et à chaque installation, je sentais ma tension augmenter à mesure que les coups de vent venaient fouetter le matériel. À chaque soir son lot de péripéties, de pertes d’affiches et de draps flottant dans les airs à grand bruit. Il y a parfois eu plus de monde à rattraper mon matériel éparpillé dans le jardin que de public. Mais heureusement, de jour en jour, ma connaissance du spectacle se précisait en même temps que le vent me laissait tranquille et je suis presque arrivé à finir une scène extérieure avec moins de trois interruption.

Avant chaque spectacle, je demandais au public de m’écrire les emplois les plus « utiles » à la société. Avec près de 500 réponses, j’ai pu dresser un état des lieux qui exprime bien la déconnexion entre l’utilité et le montant du salaire. Et j’ai aussi aimé découvrir l’humour et la poésie de mon public qui a parfois répondu avec plus ou moins de légéreté. Je vous offre mon top trois des réponses les plus improbables :
Dresseur de nuages
Découpeuse de cheveux en quatre
Fabricant de ballons de rugby
Et comme un scoop si vous avez tout lu jusque là, sachez que ce spectacle est voué à reprendre la route. Alors ça ne sera pas tout de suite puisque je compte attendre le 1er mai 2026 pour repartir sur un mois de tournée, au départ de mon arrivée (Caylus, en tout cas le sud-ouest) pour me diriger vers Chambéry (en tout cas les Alpes du nord) et si vous avez des pistes de lieux à contacter, je suis preneur. Puis pour être totalement exhaustif sur mon actualité : j’aurai encore trois dates à la fin d’été, vers Limoges pour le festival Ecossas, du 29 au 31 août, à Saint-Sauveur le Vicomte le 5 septembre et à Carentan le lendemain.
Après ça, scoop encore (ohlala les veinards de fin de niouzletter) : je démarre la mise en scène et les répétitions d’un nouveau spectacle slam qui sortira début 2026 et dont je ne vous dit rien de plus aujourd’hui. D’ici là, portez vous bien, répondez moi (ça me fait vraiment plaisir !) et, pourquoi pas, partagez moi vos coups de cœur culturel comme je le fais sans exception à la fin de chaque lettre.
VéLove

Humanité, une histoire optimiste : :
C’est incontestablement l’ouvrage qui m’a fait le plus de bien ces derniers mois. Rutger Bregman cherche à comprendre la « nature » de l’humain. Et figurez-vous que depuis des siècles les études et les expériences le prouvent : les gens sont bons !
J’avais déjà adoré son précédent ouvrage « Utopies réalistes » et Bregman garde ici son style léger, mélange d’anecdotes et de recherches pointues. C’est radicalement optimiste et ça se dévore comme un remède à la morosité ambiante.
Partir un jour
A l’heure de vous écrire ça, je ne sais pas bien si vous pourrez encore voir cette petite pépite au cinéma mais si jamais, ne loupez pas l’occasion. Ce film est un véritable bonbon, une comédie musicale kitch mais surtout un duo d’acteurices qui respire la joie. La bande-annonce donne le ton et certaines scènes sont hilarantes. J’apprécie aussi l’originalité du projet car avant d’être un long métrage, la même équipe avait tourné un court-métrage dans lequel les rôles étaient inversés. Alors qu’au départ, c’est l’homme, parti à la capitale faire carrière, qui revient au bercail retrouver son amour d’enfance, la dynamique s’inverse ensuite dans le film. Vous avez compris? La version courte est moins folle mais mérite tout de même votre attention.
La fortune de Bernard
Bon, je vous proposais des remèdes à la déprime juste avant. Et si jamais vous en avez marre d’être trop heureux et que vous avez besoin de vous rappelez à quel point ce monde est injuste et absurde, voici un outil plutôt bien foutu. On me l’a recommandé pendant ma tournée vélo et je préfère ne rien vous spoiler mais plutôt vous inviter à faire l’expérience (rapide) par vous-mêmes et partagez ça à vos connaissances pour qui les étrangers et les demandeurs d’emplois volent les richesses des honnêtes travailleurs…
# Mai 25 – 🌿🚵♂️ Mais mais mais MAI, qu’est-ce qui se trame? 📬

Bonjour,
Que tu découvres cette lettre ou que tu sois fidèle de la première heure, bienvenue dans mes mots. Je t’écris des montagnes, dans un nouveau chez moi que je commence à apprivoiser pas à pas.
Et à la veille de prendre la route, j’ai, comme d’habitude, divisé ces quelques lignes en trois parties que tu peux découvrir en fonction du temps devant toi. Pour les pressés : l’express, à lire le temps d’un café. La classique pour celles et ceux qui veulent rien manquer de mon agenda et puis la super tranquillouz’ où je partage une anecdote qui m’aura fait cogiter.
Bref, y en a pour tous les goûts comme on dit. Bonne lecture et à très vite !
H-127 !
Des années que j’en parle, des mois que je me prépare, des jours que le stress augmente et me voilà à moins d’une semaine du grand départ. Mercredi prochain, veille du premier mai, je démarre la tournée de “Tout travail mérite sa laisse”, un spectacle conférence qui interroge le travail et la place (démesurée – immense – absurde, à vous de choisir) qu’il prend dans nos vies.
Avec cette tournée, je vais relier Cherbourg, où je vis depuis quelques années, pour rejoindre la maison de mes parents dans le Tarn et Garonne.
1138 kilomètres en 31 jours, je croise les doigts pour que le vélo tienne le coup, que les nuages me boudent pas mal et surtout que le public apprécie ma proposition.
Regardez juste ici la carte et parlez en autour de vous, je traverse une bonne partie de la France, vous avez bien des amis sur la route non?

Bon, il n’y a pas que le travail dans la vie tout de même !
En dehors de ce qui s’annonce comme rien de moins qu’une épopée moderne, j’ai participé à pas mal de projets géniaux ces dernières semaines.
Reprenons donc, dans l’ordre s’il vous plaît, le fil de cet hiver nomade. J’ai tout d’abord animé une semaine d’ateliers avec l’association Familles Rurales à Saint Jean de Daye (ah vous vous demandaye bien où donc est-ce n’est-ce pas?) dans le cadre d’une semaine parents-enfants. Ça veut dire qu’il y avait un (ou des) parent(s) avec des (ou un) enfants(). Ca en fait des parenthèses mais voilà, c’était cool et en plus, j’ai animé des ateliers graffiti à côté de mes traditionnelles sessions slam. On a fini par la présentation de mon spectacle devant un public dont la moyenne d’âge dépassait péniblement les six ans. Sacré challenge pour moi mais je dirais que je m’en suis pas si mal sorti.
Après ça, j’ai quitté la Manche (bravo si vous avez gardé le suspens jusque là, Saint Jean de Daye, c’est donc un petit village au milieu du bocage près Saint-Lô) et je me suis dirigé vers le Bugey pour une résidence avec Mirali.

Là aussi, c’est un projet de longue haleine. Après trois étés à tourner dans les refuges de montagne ensemble, on a senti le besoin de mélanger nos univers et de construire un spectacle commun. Ce spectacle prend la forme d’un conte musical où nos histoires respectives de vadrouille à vélo se retrouvent et se déforment pour arriver à cette création à venir qui s’appellera “Le voyage d’Ali”.
Début mars, on a eu la chance de faire une résidence à Chantemerle dans un lieu magique face au Mont Blanc. C’était assez époustouflant et cette semaine de travail s’est ponctuée par une sortie de résidence devant un public enthousiaste. Prochaine session de résidence début août en Haute-Loire avec dans la foulée une tournée à vélo et quatre soirées dans le massif de Belledonne.
Et pour être exhaustif, j’ai aussi joué mon spectacle aux quatre coins de la France : un soir en Corrèze, un autre à Cherbourg dans le cadre d’animations avec des EPHAD’s, un passage dans l’Ain et finalement une soirée en Ariège qui arrive après-demain et qui marquera la dernière de “La dernière seconde” avant d’embarquer vers d’autres aventures poétiques.
Sans transition : anecdote !
L’autre jour, j’étais dans le sud-ouest, chez mes parents. Ils avaient invité les voisins pour l’apéro. Pétanque sous le soleil de fin d’hiver, il faisait doux, on parlait de tout et de rien quand soudain… la conversation a tourné court autour des champignons. La voisine nous explique que depuis quelques années, c’est plus pareil, adieu morille, cèpe et chanterelle, les sous-bois se vident et selon elle, il y a une explication toute rationnelle…
Si les champignons boudent désormais son panier c’est simplement…
qu’il y a trop de chômeurs et de gens qui ne travaillent pas!
Et tous ces assistés au RSA, ils ont le temps d’aller récolter les champignons avant les braves travailleurs (bon, la voisine, elle est retraitée mais c’est tout pareil) qui n’ont plus rien à glaner.
J’avoue que ce raccourci m’a laissé pantois, je me demande bien comment on peut arriver à des sophismes pareils. Bien sûr qu’il doit y avoir une part de vérité dans le raisonnement mais quelle tristesse de stigmatiser les chercheurs d’emplois alors que j’aurai tendance à me réjouir de cet apport alimentaire à partager entre tous.
Et cette nuit-là, comme un clin d’œil absurde, la plus grosse entreprise de la région a décidé de bosser toute la nuit. En effet, mes parents vivent entouré par un gigantesque camp militaire, un endroit où sont employés toute l’année des centaines de parachutistes qui, apparemment, s’entraînent à toute heure du jour. Et de la nuit. Jusque 23h passé, tandis que je méditais sur les champignons, les mitraillettes canardaient sans discontinuer des cibles au milieu des bois et je me disais que tout de même, à bien choisir, je préférais encore largement un monde fait de glandeurs glaneurs de bolets au RSA que de bons employés qui dépensent des thunes pas possible à préparer la guerre.
Moi, de toute façon, j’ai pas le temps pour les champignons.
Sur le feu, j’ai des idées qui crépitent, des rêves qui prennent forme et des envies à ne plus finir. Après cette tournée à vélo que j’espère joyeuse, je m’installe confortablement à Chambéry, un retour à la montagne après des années d’exil normand.
Là-bas, j’ai tout un réseau à retrouver, un nouveau rythme à prendre et qui sait, des scènes slam à animer? Si tu connais des gens à qui ça pourrait plaire par là, fais moi signe, c’est encore embryonnaire et je serais pas contre avoir du soutien.

Ensuite, l’été sera sportif avec une semaine d’animation dans le Cotentin dans le cadre d’une semaine de rencontre franco-macédonienne-allemande. Avant de filer vers Lille pour démarrer une tournée vélo avec la team En Roue Libre puis sans transition rejoindre le Bugey et le festival “Slam fait une belle jambe” que je vais découvrir avec Mirali que je retrouve pour un enchaînement résidence-tournée à vélo en Haute Loire et tournée des refuges dans les Alpes.
Viendra finalement le temps de me poser mais pas d’inquiétude, je vous aurai donné des nouvelles avant ça!
Et pour vous quitter, mes traditionnelles inspirations, j’espère que cette lecture vous a plu, n’hésitez pas à m’écrire en retour, je reçois vos messages avec un plaisir intense alors ne vous privez pas, même deux lignes et savoir qu’on me lit, ça me motive follement.
A tout vite

Juliette (les fantômes reviennent) au printemps :
J’avais découvert l’autrice Camille Jourdy depuis déjà quelque temps et je suis un grand fan de ses albums, empreints de douceur, d’humour et d’amour. Quand je suis tombé sur l’adaptation en film de l’album Juliette, j’ai littéralement fondu face à un tel déploiement de délicatesse. C’est juste, sensible, profond et léger, mon film pépite de ces derniers mois.
Et dans la foulée, j’ai découvert la BD qui apporte encore une autre lecture et qui est tout autant formidable.
Je sens
Dans ce recueil, l’auteur (et astrophysicien, ça a son importance à sa lecture) Ito Noga nous invite ici à quitter les certitudes pour plonger dans la profondeur des intuitions.
En réponse à son premier livre “Je sais” (que je n’ai pas encore lu), Ito Naga écrit 469 bribes poétiques commençant toutes par « Je sens ». Entre le haïku et l’aphorisme, ses « je sens » sont subtils, drôles et émouvants. J’ai essayé de ne pas dévorer ce recueil comme un glouton en manque de sucre. Mais le repas littéraire n’aura tenu que deux heures. Heureusement, on peut toujours se resservir !
Une espèce à part
Une micro série qui “date” déjà un peu (ben oui, c’était en 2019, le temps passe comme les secondes) mais qui est revenue dans mon viseur à l’issue d’une discussion post-spectacle. Et je suis retombé avec plaisir dans le vertige que procurent ces dix épisodes pédagogiques et bluffant de beauté. Dans cette série, on ne peut que s’émerveiller des capacités infinies du vivant et se demander par quel étrange passe-passe de l’esprit l’être humain s’est mis en tête d’être “une espèce à part”, au point de détruire ses voisines?
# Janvier 25 – ☃️ Ivresse de l’hiver, nouvelles diverses 📬

Ivresse de l’hiver
Couette, lit, libre, air
A dire vrai, le brave hiberne
Rêve d’ailleurs et de rimes
Mais bientôt ça se termine
Alors trêves de balivernes
Je te livre mes nouvelles caliente
A consommer croquantes et al dente
Comme d’hab les amis, ce texte est en trois parties : l’express qui descend comme un gorgée de génépi, la classique qu’on savoure tel un vin chaud de fin de journée et la super tranquillouz’ en plat de résistance, une fondue qui cale le bide. Bonne dégustation alors !

L’année 2024 s’est terminée pour moi de manière particulièrement joyeuse avec l’accompagnement d’une classe de quatrième du collège de Beaumont, dans la Manche. J’ai eu le plaisir de partager huit sessions d’ateliers avec ces élèves super attentifs, touchants et créatifs.
La conclusion de ce beau projet a eu lieu au centre culturel de La Hague où j’ai joué mon spectacle pour la… 39ème fois de l’année !
39, c’est pas rien comme chiffre et c’est surtout l’occasion de me dire qu’un peu de nouveauté ne serait pas de refus. Je me suis donc mis au travail et je peux vous annoncer que ma conférence poétique et politique est en bonne voie et sortira le 1er mai.
Ah ben tiens, bonne année tout le monde !
On m’a toujours dit qu’on pouvait se souhaiter ça jusque fin janvier.
Alors même si c’est désuet, même si c’est dur de rester digne quand tout autour guette la déprime, je vous souhaite de trouver le beau autour de vous. De le propager tant que faire se peut et de cultiver folie et légèreté, idéalisme et lutte quotidienne.
En 2025, moi je m’envole vers de nouveaux horizons. Un envol à vélo comme souvent. Mais cette année, je pars en solitaire et pour plus d’un mois. En effet, j’ai préparé une tournée gargantuesque qui traversera la France du nord au sud pour fêter mon tout nouveau projet. Je vous en parle depuis un moment et là, c’est enfin concret puisque sort début mai “Tout travail mérite sa laisse”. Une conférence spectacle, poétique et politique, qui analyse le travail sous toutes ses coutures. C’est un projet ambitieux et comme souvent, il ne peut fonctionner QUE grâce au soutien d’un réseau inestimable!
À trois mois du départ, le parcours prend forme et les lieux se confirment petit à petit pour accueillir mon passage. Mais je cherche encore des endroits où présenter mon… travail. Alors, si vous connaissez le long de ce tracé un endroit susceptible de m’accueillir, faites moi signe, je prends.

Ce spectacle, parlons-en un peu.
On peut, sans trop d’hésitation, affirmer que le travail est au centre de nos vies.
67.000 heures dans une existence, pas moins de 10% de celle-ci ! Sans compter les études pour y arriver (30.000 heures en moyenne) et puis toutes les heures de recherches pour le trouver, celles pour s’y rendre ou encore pour s’en soigner.
Bref, ça pèse comme on dit !
Et je ne vous apprend rien non plus en vous disant que ce travail est loin de faire l’unanimité. D’après une fameuse étude de David Graeber, un tiers des employés considère son travail comme inutile. Ce sont les fameux bullshit jobs, emplois qui semblent même se multiplier à mesure que les technologies progressent et s’occupent de nos besoins vitaux.
Fort de ces constats pas franchement neufs, je suis parti explorer ce vaste et complexe sujet. Passant en revue mes propres expériences, de vendeur de burgers chez McDo à journaliste people en passant par prof de ping-pong et maintenant poète, je détricote pas à pas cette pelote où les concepts s’entremêlent.
En 2024, je m’étais fixé l’objectif de transformer mon amour de la poésie et du partage en un moyen d’alimenter également ma tirelire. J’ai donc entamé cette carrière d’artiste intermittent et je peux vous garantir que c’est sacrément du boulot. Mais c’est un boulot qui me remplit de joie à mesure que les rencontres s’enchaînent et que les connexions se mettent en place.
Ces derniers mois, j’ai articulé mes activités autour de deux axes : l’interprétation de mon spectacle et puis le volet pédagogique et l’animation d’ateliers d’écriture.
Honneur alors à ce second volet car en plus de ce gros projet que j’ai terminé en décembre à Beaumont, j’ai travaillé plusieurs mois avec la MJC Cherbourg au printemps pour, là aussi, apprendre à oser s’exprimer sur scène. Et en plus de ces deux partenariats au long cours, j’ai animé des dizaines d’ateliers d’écriture. Souvent en amont de mes spectacles mais également avec le collectif La Rime en rade ou encore avec l’ADSEAM, une structure d’accompagnement pour les jeunes.


Et avant de vous quitter, voilà un petit récap de ce qui m’attend en 2025, car des projets, j’en ai en stock!
Et toujours des ateliers éducatifs, de Saint Lô à la Haute Savoie, en passant par un retour à Cherbourg, tout est en train de se construire et promis, ça va être très très bien!
La fameuse tournée à vélo avec Tout travail mérite sa laisse évidemment !
Une nouvelle tournée à vélo avec le collectif En Roue Libre, sur mes terres natales puisqu’on pédalera de Lille à Bruxelles pour la fête nationale (belge!)
Un spectacle en construction (et peut-être même un spectacle abouti) avec Mirali. On bosse depuis plusieurs mois sur un conte musical et on a bloqué deux longues résidences pour finaliser ça avec l’ambition de le présenter fin août.

Avant de se quitter, voici aussi mon traditionnel trio de recommandations de ce qui m’a particulièrement plu ces dernières semaines, en espérant que ça vous inspire !
Yoga de Emmanuel Carrère
Pour fêter Noël et le nouvel an, je m’étais inscrit à une retraite de méditation Vipassana. C’est une technique hardcore qui consiste à méditer 12 heures par jour durant 10 jours dans le silence total et l’absence de lien social. C’est vraiment dur et je n’ai pas supporté l’expérience au point de partir le cinquième jour.
En quittant le centre en stop, un conducteur m’a parlé de ce livre qui raconte donc une session Vipassana. Mais ce livre raconte bien plus que ça, c’est un ouvrage brillant qui traite de la méditation, du sens de la vie, de la dépression, de la crise migratoire et qui passe d’un sujet à l’autre avec lucidité et pertinence. J’ai d’autant plus aimé le lire à la sortie de cette session de méditation mais je ne doute pas que c’est un excellent livre en toutes occasions.
Fleur Bleue
Je vous avais parlé de Samuel il y a quelques mois et je reviens avec une série courte que j’aime beaucoup. Le format 3 minutes, en mode slam, n’est évidemment pas étranger à mon attirance mais j’aime tout autant la qualité des dialogues que la justesse des thématiques abordées. Je me reconnais souvent dans les histoires de Fleur, avec qui on partage un bout d’intimité sous la couette. Enfin pas vraiment sous. Rien de cru ici, que du subtil et de l’humour, à consommer sans modération.
Hameaux Légers
Depuis 2017, l’association Hameaux Légers s’engage pour promouvoir d’autres manières d’habiter à travers l’installation de collectifs d’habitats réversibles. Je les avais rencontré avec l’AlterTour en 2021 et je les ai retrouvés le week-end dernier en Ardèche pour une session “émergence de collectifs”. Nous étions une grosse trentaine venus s’isoler à Rocles pour questionner nos envies d’habiter autrement. Le projet est soutenu là-bas avec enthousiasme et conviction par la mairie qui a demandé l’expertise de Hameaux Légers pour guider l’aventure. Même si je ne pense pas aller plus loin sur ce projet là, je me réjouis de voir fleurir cette initiative et toutes celles, similaires, qui germent actuellement.
Et bien voilà, comme d’habitude à la fin de cette rédaction, je me demande qui a lu cette lettre du début à la fin 🙂
Si tu es de ceux là, n’hésite pas à me le dire, ça me rassurerait.
Puis, et je me répète (mais on n’est plus à ça près), diffuse cette lettre autour de toi, parle moi des lieux où je pourrais venir, je suis ouvert aux collaborations, j’ai plus que jamais envie d’apprendre, de découvrir, d’expérimenter !
Que cette nouvelle année soit riche de rencontres et vibre au rythme des rencontres.
A très bientôt
# Octobre 24 – Toc toc toctobre?

Quand tonne le monotone automne
Les mots résonnent dans le réseau
Je m’exprime et je me jette à l’eau…
Allo?
Au bout du fil, j’espère trouver quelques personnes, garder ce lien subtil malgré la distance et l’absence. Et comme maintenant depuis le début de l’année, je garde une formule inchangée : une lettre en trois parties ! L’express, à lire dans la foulée, trois minutes chrono, la classique, un condensé de petites infos et puis la super tranquillouz’ pour les accros.
Je ne peux cacher que cet été fut émouvant et mouvant.
En août, c’était un véritable marathon poétique que j’ai vécu, 16 dates de spectacle entre la Normandie, la Haute-Loire et les Alpes pour des rencontres toujours aussi intenses en émotions et en attentions. J’y reviens plus loin mais retiens que c’était vachement bien !
En septembre, j’ai peu joué mais c’était pas plus mal, un peu de repos et puis les rencontres ARMODO, un réseau d’ARts à MOde DOux et en octobre du temps pour préparer la suite.
C’est important, il me semble, cette alternance entre inspiration et respiration, accepter le temps long et les détours après les courses poursuites des tournées atypiques. Et si j’écris aujourd’hui précisément, c’est que la dernière tournée de l’année se profile à l’horizon, je reviens en Belgique demain et j’en parle après… ⬇️⬇️⬇️
Retour sur cet été où, pour la troisième année de suite, avec Mirali, on est partis dans les montagnes, randonner, chanter et slamer sur les scènes les plus invraisemblables qui soient. On a choisi la Vanoise dont on avait dit le plus grand bien. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les rumeurs ne nous ont pas déçues. On a démarré cette tournée par deux dates en plaine, à Aime et à Bourg-Saint-Maurice pour un échauffement bien sympa et une acclimatation tranquille avant l’ascension en direction du refuge de la Leisse. Une équipe aux petits oignons, une cuisine veggie à s’en mettre plein le bidon et cerise sur ce gâteau déjà copieux : une bibliothèque de BD’s absolument géniale. Des centaines de bouquins qui filent de mains en mains à l’heure de l’apéro, c’est pas banal et ça m’a donné une pêche de feu.

Deux soirs à la Leisse et cinq autres refuges plus tard, je filais en solitaire en Haute-Loire à l’invitation d’Hélène.
Hélène, c’est une amie que je vois pas souvent, on se croise plutôt aux hasards de nos passages en Savoie et la dernière fois, elle m’avait parlé de la Haute-Loire où elle était installée depuis peu. Elle m’avait dit “franchement, c’est une région de folie, les gens sont hyper accueillants, c’est beau, ça bouge, faut absolument que tu viennes”.
Puis l’invitation n’était pas restée sans suite puisque quelques semaines plus tard, une date était trouvée et mon passage programmé. J’en ai profité pour jouer un soir à Grenouille, un café librairie où j’ai eu la chance de croiser une quinzaine de jeunes en séjour vacances qui pensaient venir voir un concert. Un peu stressé au début du spectacle, je leur ai annoncé la couleur, imaginant leur déception potentielle de voir un poète sans même une petite guitare pour égayer ses mots. Il n’en fut rien puisque tous restèrent jusqu’à la fin et deux vinrent même me trouver pour me remercier et me féliciter vivement.
Et le lendemain venait donc cette fameuse date où j’étais invité par Hélène à l’hebdomadaire marché des producteurs de La Chomette (ouais j’imagine bien que toi aussi, ça te parle pas du tout les villages de Haute-Loire, mais sérieux, fonce découvrir le coin) et c’était tout bonnement merveilleux. Un public, que dis-je, une foule, à mon écoute et à l’aise pour interagir, des rires et des silences complices, c’était fou et doux, La Chomette, merci pour tout !
Et si je vous partage tout ça, c’est pour reconnaître et valoriser le travail de l’ombre, le besoin de solidarité et de soutien. Depuis que je fais ce métier, je commence à en avoir fait des dates, et en grande majorité à l’invitation de potes, de connaissances, de gens à qui on a parlé de moi.
Et c’est pas rien.
C’est même énorme de sentir la confiance qu’on me donne.
Ma pratique est fragile, la vie d’artiste ne tient pas à grand chose mais j’ai la chance d’avoir un réseau d’une gentillesse rare, je me dois de le remercier et j’ose insister encore : une rencontre en amène une autre, les portes s’ouvrent et cachent des trésors inestimables. N’hésitez pas à prendre part à cette grande aventure artistique, la mienne peut-être mais celle aussi des milliers d’autres artistes qui rament parfois à trouver où se produire.
De manière un peu technique (mais pas trop t’inquiète), j’aimerai parler du GUSO, un système qui permet à des personnes morales ou physiques de produire des artistes à hauteur de six contrats annuels. Les frais sont minimes et l’artiste obtient, s’il valide 43 contrats sur son année, le statut d’intermittent, les droits et les aides financières qui en découlent. Je fonctionne majoritairement avec le GUSO cette année et franchement, c’est impeccable. Voilà, petite explication en espérant lever un peu le voile sur cet obscur acronyme (au passage, ça veut dire Guichet Unique du Spectacle Occasionnel).

Pour les prochaines semaines, deux choses précieuses à venir et en cours : tout d’abord le retour en Belgique pour trois dates. Ça se passe dans le BW, à Villers-Perwin et à Louvain-la-Neuve puis dans les Ardennes, à Bra. Avec toujours la même formule atelier d’écriture et spectacle dans la foulée. Je suis hyper content de jouer ce spectacle à la maison, ça sera surement la dernière fois puisque je prépare quelque chose de neuf pour 2025, alors venez nombreux et parlez en autour de vous.
Puis un dernier mot (et vous devez vous dire que là, vraiment, c’est super super tranquillouz) pour parler des ateliers que j’anime au collège de Beaumont. C’est une partie essentielle de mon travail, j’ai cette envie de partager, de faire goûter au grand jeu de la mise en mots, de développer notre capacité à l’imaginaire, à sortir de nos existences et à en extraire le nectar le plus savoureux. Alors, je sème, à tout bout de champs, dans les collèges, les maisons de quartiers, les cafés assos, je sème.
Qu’importe le fruit récolté, l’important c’est de s’aimer.

Sélection d’inspirations un peu particulière cette semaine qui commence avec un coup d’auto promo car je veux vous parler de Grand Format, un média numérique qui rencontre des histoires normandes avec beaucoup d’originalité et de sensibilité. Et pour le coup, j’ai eu la chance d’être à la fois l’auteur et l’illustrateur d’un article sur le Béguinage Solidaire, un habitat pour seniors un peu particulier. Si vous habitez en Normandie, c’est en papier dans toutes les bibliothèques et sinon c’est ici.
Les Erotypes, mais c’est quoi ça? Si comme moi vous êtes constamment à essayer de vous comprendre et de comprendre le monde et les personnes qui vous entourent, voici un axe d’analyse qui m’a beaucoup éclairé ces dernières semaines. Et puisque je ne veux pas réduire ça en trois phrases, je vous invite à vous y plonger par vous-même (et pourquoi pas de manière ludique avec ce quizz).
[Reprenant ça quelques semaines après, je me dis que ça a l’air un peu perché 🙂 mais finalement pas tant. Bref, si vous voulez en discuter par ailleurs, n’hésitez pas.]
ARMODO : comme mentionné plus haut, j’ai découvert ce réseau d’ARts en MOde DOux et j’ai adoré : l’ambiance, les gens, les artistes. Y a très peu à voir sur internet (et d’ailleurs, ça fera partie de mes projets futurs) mais en attendant, on se retrouve en mars à Toulouse et ça va être trop bien, les portes sont ouvertes pour les rencontres ou pour la soirée festive qui aura lieu le samedi 15 octobre.
Vous voilà (déjà / enfin) au bout de cette missive. La dernière de 2024, j’espère que tout ce que je raconte trouve un écho et que ça vous intéresse.
Hésitez pas à me tenir au courant, je suis toujours preneur de retour et d’interactions 🙂
A très vite et bel hiver à vous !

# Août 2024 – A l’eau?

Salaoût’,
Au cœur de cet été bien rempli, orageux comme jaja, et à l’heure de troquer mon vélo pour des pompes de rando, je t’écris ces quelques mots.
Tu connais la chanson maintenant j’espère, cette lettre va se découper en trois parties : l’express, un apéro à lire à la volée, la classique, aussi savoureuse qu’un bon plat en terrasse et puis la super tranquillouz’ pour les gourmands, copieuse comme un menu complet au restaurant.
Pour cette première année en tant qu’artiste intermittent, je suis plus que gâté, les tournées s’enchaînent et les nombreuses scènes m’offrent autant d’occasion de rencontrer des gens et de faire vivre des liens forts et sincères malgré la furtivité de mes passages.
Mais ce n’est pas encore l’heure du bilan, le mois d’août pointe son nez et avec lui les promesses d’une folle randonnée dans la Vanoise. Comme chaque été depuis trois ans, je pars avec Mirali, une géniale artiste guitariste et compositeur, pour partager la scène dans le plus beau cadre qui soit : les sommets alpins. Cet été, je me dirige donc vers la Vanoise, avec quelques dates en route et quelques dates sur le retour. Et si tu veux plus d’infos ⬇️⬇️⬇️
C’est peu dire que juillet m’a fait vivre un véritable ouragan d’émotions, passant des larmes aux rires dans une cavalcade déconcertante.
Surfant sur un océan presque indécent de joie depuis un mois de mai où j’ai fait le plein de scènes douces et chaleureuses, j’ai continué ce début d’été sur mon vélo mais aussi avec la MJC de Cherbourg à accompagner un groupe de jeunes dans un chouette projet poétique alternant temps d’écriture et restitutions publics.
Coup de tonnerre à peine juillet ouvert quand j’ai vécu de costauds soubresauts sentimentaux. Pris de cours et le moral à zéro, j’ai partagé ma tristesse en plein centre d’Alençon pour un spectacle marqué par des rafales autant métaphoriques que bien réelles. Mon décor en tremble encore mais je retiens de ce premier spectacle de rue un public bigarré qui a visiblement apprécié la découverte de mon univers.
Le lendemain, je retrouvais une improbable échappée cycliste en roue libre pour une tournée à travers la Bretagne. Onze slameuses et slameurs étaient là pour vivre une semaine absolument magique. Sur nos vélos chaque matin, on a sillonné les routes et pris le temps de partager nos vers à travers des haltes chaleureuses. Sur la photo, on retrouve une partie de cette joyeuse bande qui m’a fait vivre un splendide arc-en-ciel d’émotions.

J’ai retrouvé le Cotentin rapidement, le temps de mettre du tri dans quelques affaires et voilà déjà que l’appel du large se fait à nouveau sentir. Dans les prochains jours, je présenterai mon spectacle très localement (à Vasteville et puis à Saint Sauveur) avant de traverser la France pour cette tournée des cimes. Et le mois d’août ne sera pas fini, loin s’en faut, car il me restera quatre très belles dates avec un passage en Haute Loire (à Langeac et à La Chomette) avant de revenir dans la Manche (Genêts et puis Valognes) et de me poser ensuite quelques semaines, repartir dans la création et préparer 2025 et ce nouveau spectacle que je cogite depuis déjà longtemps.
Ce futur spectacle, j’en ai déjà esquissé les contours dans plusieurs textes mis en ligne sur Motus (et ici aussi) et j’ai chaque jour l’occasion d’en parler puisqu’il s’agit d’une somme de réflexion sur… le travail.
Le travail, ce mot tellement quotidien aux significations pourtant contradictoires. Lors du très réussi festival Les Pluies de Juillet, une journée de… travail était proposé aux festivaliers afin de se questionner sur ce vaste sujet et d’établir ensemble une sorte de synthèse express à la suite de nos recherches et discussions du jour.
La problématique centrale tenait déjà en la définition même du terme. Et j’ai joué le jeu de lister tous les rôles nécessaires à la tenue d’un festival et ce qui était ou non du travail. Pour ne reprendre que le paradoxe le plus révélateur : est-on d’accord pour dire qu’un groupe de musique payé plusieurs milliers d’euros pour un concert de 50 minutes travaille plus qu’un bénévole nettoyant quatre heures par jour les toilettes sèches?
De ce constat cocasse, que l’on peut élargir à de nombreuses situations, on a essayé d’avancer en proposant une répartition du temps qui ne serait plus aussi binaire que travail-temps libre mais plutôt d’essayer de voir notre temps de vie comme une somme de temps à utiliser pour répondre à nos besoins individuels comme à ceux de la société.
Dans ce travail d’artiste poète, je passe assez peu de temps à être productif et le statut d’intermittent est acquis à partir de 507 heures de travail annuel (un modeste 10 heures par semaine en moyenne) et pourtant mon existence me semble largement plus utile au monde que lorsque je passais 40 heures par semaine à détourer des paires de fesses pour un journal à po(po)tins populaire.
Je rêve d’une société où nous aurions la possibilité de nous poser la question du sens en s’affranchissant des contraintes financières contraignant nos choix et actes. Il y a, à l’heure actuelle déjà, des pistes de réflexions : le travail à temps partiel, la vie communautaire, le télétravail et j’en passe. Et le sujet du salaire à vie, maintes fois mis sur le tapis, doit prendre une place de plus en plus centrale dans nos vies.
Mais puisque je vois les mots s’accumuler dans cette lettre et imaginer votre attention diminuer, je vous laisse simplement une interview de Baptiste Mylondo, un économiste qui analyse bien mieux que moi cette problématique.

Et pour la route, trois pépites que j’ai découvert ces dernières semaines :
Samuel : une série animée tout en douceur, sur l’enfance, les liens, la vie. En noir et blanc et avec des dessins minimalistes et des textes subtils, on est tout de suite plongé dans une atmosphère émouvante qui a réussi à me donner des frissons comme à m’arracher des sourires jusqu’aux oreilles.
Flavien Berger : un artiste déjà bien installé mais qui arrive encore à me surprendre. En juillet, je l’ai découvert en concert pour la première fois et c’est peu dire que c’était merveilleux. Des mélodies subtiles, des touches de folie, des paroles qui réchauffe l’âme et un visuel lumineux qui fait briller les yeux. J’ai adoré et je vous recommande de découvrir ce spectacle si vous en avez l’occasion !
Le village de l’Eau : depuis l’an dernier, un important mouvement contre les méga bassines a vu le jour et se mobilise pour montrer au grand jour cette aberration de l’agro industrie. Je vous laisse cliquer sur le lien pour en apprendre plus et je voulais surtout insister sur la joie et l’organisation d’un tel mouvement qui, vu de l’extérieur (et des médias dominants à travers reportages chocs et bien trop courts), peut sembler opaque et confidentiel. Pourtant, c’était vraiment un bonheur immense de me retrouver au cœur de ce campement éphémère, vibrant au rythme des utopies à venir et des luttes à mener ensemble.

Nous voilà à la fin de ces nouvelles estivales, j’ai bouclé la boucle en retrouvant le fil de mon jeu de m’eau initial (avoue que ça partait mal ce titre non?) et j’espère que tu es arrivé au bout de cette lecture avec enthousiasme. N’hésite surtout pas à me répondre, me donner des nouvelles, à diffuser cette lettre si le cœur t’en dit et puis surtout, à me retrouver en vrai de vrai pour les prochaines dates qui arrivent très vite!
# Mai 2024 – Tournées générales !

Ami.es de la poésie, it’s me,
C’est moi et c’est mai qui débarque! Si même mes mots se font la malle, j’essaye de les aligner vaille que vaille dans cette lettre en trois volets : l’express, à lire à la volée, quelques lignes à peine, la classique qui te prendra entre 289 et 417 secondes et puis la super tranquillouz’ à kiffer en long et en large, avec des recommandations culturelles à découvrir.
| L’express |
Si je t’envoie ce message aujourd’hui, c’est que demain, je démarre un mois de mai marathon. Il y a en début de mail la carte de France pour que tu en parles à tes potes dans les parages, que tu partages et que les salles débordent de gens supers.
En tout cas, je suis particulièrement heureux, impatient et motivé de partir à l’aventure et de profiter pleinement de ces vadrouilles de printemps. Il y a même quelques dates au début d’été et le reste suivra plus tard, reste connecté pour en savoir davantage.
Voilà, c’est tout. Viens me voir et/ou continue la lecture pour plus d’infos ⬇️⬇️⬇️
| La classique |
Hey coucou,
Encore quelques minutes devant toi, alors laisse moi te raconter les premiers spectacles de 2024. Il y a d’abord eu ce week-end toulousain où nous avons, avec Mirali (à découvrir ici) ma camarade de rando lors des tournées des refuges (la prochaine dans la Vanoise début août), nous avons fait notre première sortie de résidence pour un spectacle conté à venir. Je garde le suspens pour t’en dire plus bientôt mais les retours étaient très positifs, ça s’annonce bien!
Le lendemain, j’étais divinement accueilli à Brax, entre cookies végan et pâtisseries lourdes en beurre, pour une après-midi poésie, jeux d’écriture et spectacle. C’était chaleureux et intime et j’ai passé un superbe moment qui m’a mis en confiance pour la suite.
La suite, c’était une tournée angevine autour du Printemps des Poètes (un petit billet que j’ai écris sur le sujet ici).
J’ai débarqué à Angers complètement dans le coaltar, traînant une vilaine grippe/fièvre/covid qui sait, qui me pompait toute mon énergie. Mais heureusement, j’ai eu la chance de découvrir des endroits formidables, chaleureux et rempli de belles personnes. J’ai enchainé trois soirées avec des beaux moments de rencontres, de partages et d’écriture collective. Et visiblement ça a plu, car Thierry, un spectateur assidu, m’a invité à venir partager mon spectacle à l’occasion de son anniversaire en juin. Et si je te dis ça, c’est pour insister sur le fait qu’il n’y a rien de plus simple que d’organiser un soirée spectacle par chez toi. Une soirée originale et intimiste et la possibilité pour moi de me produire et de toucher un nouveau public. Du win-win diraient les communicants 2.0. Mais bref… je conclus cette partie avec cette photo prise lors de mon dernier spectacle, au Béguinage Solidaire, un beau projet de résidence collective pour personnes retraitées.

| La super tranquillouz’ |
Ok, si t’es encore là, c’est que tu veux du contenu. Alors pas de soucis, sors ta tisane, ouvre ta bière, prends ton plaid ou installe ton hamac et c’est parti !
La vie d’artiste, je m’en doutais, c’est un sacré bazar à coordonner. Mon spectacle c’est “seulement” 45 minutes de seul en scène (attention, brillantes, les 45 minutes!) mais là derrière, dans l’ombre, se cachent des jours et des jours de taf. De rédaction bien sur et mes textes participent activement à la déforestation vu le nombre de pages que j’encre à longueur de journées. Non, en vrai, pas tant, y a bien assez de courrier inutile des banques, assurances, services administratifs pour avoir des feuilles de brouillon de longues années durant.
Bref, y a aussi bien entendu l’inspiration qui, chez moi, ne vient pas de nulle part. Je lis énormément, essaye de regarder des films, des pièces de théâtre, et puis simplement de socialiser, de vivre le monde avec un regard affuté pour essayer de le décrire. Peut-on d’ailleurs dire que vivre et discuter avec des amis, c’est du travail? La suite de cette réflexion dans une future conférence gesticulée.
Mais en attendant il y a aussi un immense volet communication qui est assez angoissant pour moi. Coups de fil à gogo, des mails, des rencontres, des calendriers à accorder, des relances et puis le processus recommence.
Il y a aussi, et ça j’aime beaucoup, la partie visuelle à réaliser, faire des affiches, des photos, des montages.
Alors, maintenant que tu comprends un peu mieux ce que je fabrique de mes journées et avant de te partager mes trois coups de cœur, je te laisse l’affiche de notre tournée à vélo avec Capitaine Rémi qui arrive déjà fin du mois.

Dernier volet avant de se quitter, mon trio d’inspirations à découvrir sans hésitation :
Plutôt nourrir: Ce livre-témoignage est un témoin précieux de la réalité agricole, de ses dilemmes et des obstacles qu’il faut surmonter et qui sont décrit ici avec lucidité et enthousiasme. J’ai adoré suivre toute cette réalité et le quotidien de Noémie, éleveuse de porcs dans le Gers, mais aussi lire les réflexions pleine de mesures et bouleversantes de sincérité. Ce livre se dévore et se partage sans modération.
Chien de la casse : Un film où il ne se passe pas grand chose. Mais ce pas grand chose qu’est pourtant la vie : l’amitié, l’amour, les galères et les rires. Dans un petit village du sud, deux potes trainent leur vi(d)e de jeunes adultes entre les délires et les embrouilles. C’est hyper bien joué, le rythme est soutenu et j’ai adoré la bande-son. Bref, un film modeste mais pourtant formidable.
Si vous êtes calmes, vous faites partie du problème : Motus est un journal intime de la société, un média militant qui depuis quelques années couvre l’actualité à travers le regard d’auteurs et d’autrices (dont moi) qui revendiquent ouvertement de ne PAS être journaliste. Sur le média et via nos liens privilégiés avec le monde militant, nous avons été des témoins privilégiés des mouvements sociaux d’ampleur qui ont soufflé sur 2023, une année charnière pour tout ce pour quoi nous nous battons, et aussi l’année de naissance officielle de notre média. Alors on a écrit. Raconté tous ces moments depuis l’intime, sur le vif, tout au long de l’année. Ça donne 44 000 mots dans un livre que tu peux sans attendre commander en ligne.

Nous voilà (déjà) à la fin de ce carnet de bord, j’espère que tu as pris du plaisir à me lire, n’hésite surtout pas à me répondre, me donner des nouvelles, me programmer dans ton lieu préféré (ou dans ton salon!), à diffuser cette lettre si le cœur t’en dit et puis surtout, à me retrouver en vrai de vrai pour les prochaines dates qui arrivent très vite :
➡️ Du 5 au 17 mai en Savoie’s (et en chemin)
➡️ Du 26 mai au 4 juin dans la Manche (et en Bretagne)
➡️ Du 7 au 13 juillet en Bretagne
➡️ Du 7 au 15 août en Vanoise
Et puis, toujours dans le Cotentin, entre les scènes slam, les animations avec les associations locales et les bibliothèques, l’été s’annonce chargé, je me réjouis d’y partager ma poésie.
Porte- toi bien et à très vite!
# Mars 2024 – Des nouvelles d’une grande frite voyageuse

Salut à toi derrière ton écran,
Je sais que ton attention est précieuse et limitée alors j’ai découpé cette lettre en trois parties : l’express, que tu peux lire en quelques secondes,la classique qui te prendra peut-être cinq minutes et puis la super tranquillouz’ avec des liens à découvrir et d’autres petites choses à explorer.
| L’express |
Ca y est, c’est la première, cotillons et confettis, c’est la teuf 🎉🪅 et surtout j’ai plein de choses à annoncer car cette année va être très spéciale pour moi.
J’ai l’envie d’obtenir le statut d’intermittent du spectacle et pour ça, j’aurai besoin de votre aide 🫵. Pour diffuser ma poésie, il me faut trouver des lieux (salles de spectacles, café, MJC, maison de retraite, fast-food, festival, bibliothèques et j’en passe (attention, il y a un piège dans la liste)). Si vous avez des pistes ou des conseils, n’hésitez surtout pas.
Et pour les mois à venir, je vous invite à consulter mon agenda déjà bien rempli et à faire tourner l’info à vos connaissances d’Angers et alentours car ça arrive déjà à la fin du mois avec 4 dates qui s’annoncent merveilleuse. Je vais en Savoie en mai et puis en vélo dans la Manche entre mai et juin !
Et si vous le n’avez pas encore vu, voilà mon dernier clip, 100% dessiné et réalisé par mes petites mains expérimentales.
Voilà, c’est tout pour les pressés, merci d’avoir pris le temps de me lire, je vous souhaite une belle journée et j’espère pouvoir vous voir très bientôt.
Pour les autres, ça continue juste ici ⬇️⬇️⬇️
| La classique |
Cette année, je me lance donc dans une aventure extravagante, une épopée moderne solitaire mais collective, futile et pleine de sens. Cette année, je me lance dans la quête de l’intermittence. Vous savez, ce statut d’artiste qui permet, pour peu d’avoir fait assez de représentations sur une année (507 heures pour être précis), d’obtenir un salaire sur l’année suivante.
Ça fait plus de deux ans que je suis au RSA et plus que la précarité financière (je vis chichement dans un lieu collectif), c’est l’envie de légitimer mon travail et la crainte face à l’usine de flicage qui se développe envers les bénéficiaires des aides sociales.
Alors voilà, j’officialise mon troubadourisme moderne, je pars en quête de sens et de reconnaissance. Il y a, dans cette aventure, la partie visible et évidente, les spectacles, les ateliers d’écritures, les publications diverses, ce nouveau site web et bien entendu cette lettre numérique. Mais la partie immergé de l’iceberg possède son lot de mystères : prise de contact avec les lieux de représentation, réponse à des appels à projets, paperasse administrative et puis évidemment écriture, réécriture, typexage, écriture encore et des heures à se creuser la tête pour parfois (et même souvent) être encore insatisfait.
Insatisfait mais confiant. Confiant dans le processus, confiant dans l’intention, se dire que ce travail a un sens, que partager ces mots, que partager ses maux, c’est s’alléger un peu et alléger les personnes qui me lisent et m’écoutent.

Je fais le pari que les doutes ne pèsent pas plus lourd une fois exprimés. J’ai foi dans le langage, dans l’expression de nos singularités universelles et j’écris pour me retrouver dans l’autre. Pour la beauté des mots aussi, des idées et des sentiments.
Et j’écris pour lire bien sûr, pour apporter ma touche modeste à cette gigantesque bibliothèque planétaire et intemporelle. A la suite de ces mots, je vous laisse avec quelques inspirations de ces dernières semaines. Mais plus que tout, j’aimerai être inspiré par vous, alors si vous voulez me répondre, me partager vos mots, me dire ce qui vous enrage ou vous fait vibrer, je me réjouis de vous lire.
D’ici là et en attendant de vous retrouver en chair et en os (-> plusieurs tournées à venir dès la fin du mois, retrouvez tout sur mon agenda) , je vous souhaite un agréable début de printemps, que ce renouveau saisonnier majestueux vous offre la force de nourrir vos rêves et de tenir droit dans la tempête que représente notre époque. ️
Pour prolonger un peu ces retrouvailles numériques, j’ai envie de vous partager quelques découvertes qui m’ont inspiré ces dernières semaines :
Les filles d’Olfa: La vie d’Olfa, Tunisienne et mère de 4 filles, oscille entre ombre et lumière. Un jour, ses deux filles aînées disparaissent. Pour combler leur absence, la réalisatrice Kaouther Ben Hania convoque des actrices professionnelles et met en place un dispositif de cinéma hors du commun afin de lever le voile sur l’histoire d’Olfa et ses filles. Un voyage intime fait d’espoir, de rébellion, de violence, de transmission et de sororité qui va questionner le fondement même de nos sociétés.
Le processus est absolument incroyable et cette histoire qu’on comprend petit à petit est bouleversante. Un film unique et à couper le souffle.
Peau est un portrait croisé de deux femmes de générations différentes qui se rencontrent dans un cours de dessin de nu hebdomadaire où l’une, Rita, d’âge mûr, pose à la demande de l’autre, Esther, jeune artiste qui anime ce cours. L’histoire de ces deux femmes est racontée tout en poésie dramatique, prenant le temps de respirations pour chaque passage sur l’une ou l’autre, alors que, irrémédiablement, l’on sent que leurs destins sont croisés. C’est d’une beauté profonde, l’écriture est juste et sensible et le dessin flamboyant. Pépite de chez pépite!
Le monde parfait : Une année durant, Patric Jean a filmé la vie dans un grand centre commercial. Sans commentaire, une immersion captivante dans un lieu où tout est pensé pour nous faire consommer. C’est assez incroyable comme reportage, des séquences parfois folles, absurdes et touchantes. Et toujours cette absence de voix off et ces silences qui nous laissent songeurs.

Et bien entendu, je ne peux pas partir sans vous partager mon dernier clip, une vidéo d’animations sur laquelle je me suis arraché les cheveux à découvrir et à tester les possibilités de movie maker. Après des jours de travail, voici la mise en images d’une angoisse profonde que je traverse au quotidien, je vous laisse découvrir ça.
Nous sommes (déjà) à la fin de ce petit voyage numérique, j’espère que vous avez pris du plaisir à me lire, n’hésitez surtout pas à me partager vos retours, à diffuser cette lettre si le cœur vous en dit et puis surtout, à me retrouver en vrai de vrai pour les prochaines dates qui arrivent très vite :
➡️ Du 21 au 24 mars autour d’Angers
➡️ Du 7 au 17 mai en Savoie
➡️ Du 26 mai au 4 juin dans la Manche
Et puis, toujours par Cherbourg, entre les scènes slam et les animations avec les associations locales, l’été s’annonce chargé, je me réjouis d’y partager ma poésie.
Portez-vous bien et à très vite!
Plusieurs personnes m’ont déjà demandé de partager mes inspirations littéraires. Alors, pour la première fois, je me chauffe fin 2025 et je vous livre un petit top 10 terriblement subjectif et réducteur. Mais bon, c’est un premier jet, en espérant que vous serez inspirés.

- Humanité, Rutger Bregman
Dans ce livre dont j’ai déjà parlé cette année, Bregman part à la recherche de la “nature” humaine. Serions-nous bons ou mauvais? À travers cette dualité théorisée dans la philosophie par Hobbes et Rousseau, ce livre moderne va décortiquer, par des analyses fines et des expériences éclairantes, notre nature profonde. Et faîtes moi confiance, ça fait un bien fou. Une lecture passionnante et inspirante. - Mes forêts, Hélène Dorion
J’ai découvert ce recueil un peu sceptique, ayant appris qu’il figurait dans les ouvrages à travailler pour le baccalauréat. C’est pourtant un texte sensible, doux et surprenant dont il est ici question. L’autrice parle de la nature, mais s’aventure plus loin, décryptant l’époque et nous laissant “marcher entre les ombres et la quête de joie”. - Yoga, Emmanuel Carrère
C’est suite à une retraite de méditation qu’on m’a conseillé ce livre. Et Yoga raconte bien plus que ça, c’est un ouvrage original qui traite aussi du sens de la vie, de la dépression, de la crise migratoire et qui passe d’un sujet à l’autre avec lucidité et pertinence. Dans la foulée, j’ai lu “L’adversaire” du même auteur, et je recommande sans hésitation également. - Une femme sur un fil, Olivia Rosenthal
Dans un style original, 1000 tirets pour autant de micro paragraphes, Olivia Rosenthal déroule sa pelote de récit, parlant d’équilibre, de viol, de l’écriture et de bien plus de choses encore. C’est un format surprenant, dans lequel je me suis laissé embarquer avec émotion et étonnement. - L’effondrement, Edouard Louis
J’aime la littérature lorsqu’elle m’emmène là où je n’aurais pas voulu aller. Edouard Louis décrit depuis plusieurs années (et autant de romans sensibles) le milieu populaire dans lequel il a grandi. Un monde qui boit, se drogue, consomme pour oublier une réalité précaire. Il est ici question de son frère qui meurt à seulement 38 ans. Edouard Louis essaye de retracer une trajectoire cabossée en regardant l’humain et la vie derrière les drames et les clichés. - Eruption, amour et autres cataclysmes, Sigridur Hagalin
Un livre intense, qui se met en place petit à petit. On y suit la vie d’Anna, une vulcanologue islandaise réputée qui va assister à une double éruption en parallèle. Celle d’un volcan au cœur de l’île et une éruption amoureuse qu’Anna tentera de contenir, en bonne scientifique qu’elle se targue d’être. Entre poésie et sciences, ce livre mélange les genres et mérite largement de s’y frotter. - Océan Mer, Alessandro Baricco
Ah Baricco… Que dire sur cet auteur dont le sens du récit, des ellipses et des aller-retours m’enthousiasme au plus haut point? C’est un roman assez merveilleux, peut-être énigmatique et un peu ardu d’accès mais qui, petit à petit, dévoile l’intrigue, les émotions et une intensité qui frappe au cœur. Et c’est aussi tout Baricco que je recommande sans hésitation par la même occasion. - Hymne, Lydie Salvayre
Une autrice que j’ai découvert cette année (et cette fois, je ne recommande pas tout, loin s’en faut) et dont j’ai emprunté ce livre totalement par hasard. Il est question ici de Jimi Hendrix, que je ne connaissais guère mieux, d’une vie frénétique à travers un monde qui se tord sur lui-même. La beauté sauvage du musicien trouve un écho dans la plume de l’autrice qui propose une vision poétique et lumineuse d’un destin tragique. Ça se lit en un souffle et on ressort pourtant gonflé à bloc. - Frapper l’épopée, Alice Zeniter
J’ai une affection particulière pour Alice Zeniter avec qui j’ai eu l’échange de discuter autour d’une bière et qui, depuis des années déjà, construit une œuvre subtile qui cherche à questionner et à déplacer le regard sur des situations méconnues. Ici, l’indépendance de La Nouvelle-Calédonie, la perte des repères, l’exil et le lien fragile qui nous relie à la nature.En parallèle, j’ai écouté son interview dans le podcast “Renverser la table” dans lequel elle explique l’importance du récit et la nécessité d’en créer des nouveaux, plus en adéquation avec l’époque. Frapper l’épopée est un bel exemple de nouveau récit que j’ai adoré découvrir. - Mémoires sauvées de l’eau, Nina Léger
Dernière découverte de l’année avec un roman qui, comme j’adore, mêle la fiction à la grande histoire. Ici, c’est de la ruée vers l’or dont il est question. De l’asservissement de la nature, des fleuves et des territoires qui se voient ravagés par la cupidité des humains. Et à travers cette grande épopée qui dessine l’histoire de l’Amérique, l’autrice livre le récit intimiste de Théa, une jeune géologue qui retourne sur les lieux d’un des premiers grands barrages du pays. Elle affronte le monde en mouvement, se questionne sur les traces laissées. L’ouvrage est poétiquement décousu, les chapitres se mélangent et se découvrent comme autant de traces à interpréter et de pépites à savourer.
